Création d’évènements culturels & Édition de livres d’artistes
Association d’artistes loi 1901 - 14 rue du Congrès, 06000 Nice.

Frédéric Altmann

Photographe. Historien et archiviste de l'École de Nice.
Première rencontre avec Raymond Hains le 23 juillet 1961 à la Galerie Muratore à Nice lors du 1er festival du Nouveau Réalisme.
En 1993, à Nice, a présenté ses photos de R.H. maintenues par des pinces sous le titre “j’en pince pour Hains”.


Mon cher Raymond,

Depuis ta visite en 1998 au CIAC en compagnie de notre ami commun Gilbert Baud, nous t'espérions à nouveau. Ton exposition prévue au château de Carros a pris forme pendant ton absence, et de nombreux amis se sont associés pour la construire, loin des flonflons de la ville et de ses cadres en bois dorés.

Tu étais aussi le roi des jeux de mots (ce qui n’était pas pour me déplaire), peut-être trop parfois ? En 1987, à ta grande surprise, le Ministre de la Culture, François Léotard, te couronna du "Grand Prix National de la Peinture", un comble pour toi qui a si peu pratiqué la peinture ! Lors de la remise solennelle du Prix, en réponse au discours pontifiant du Ministre, tu lui as répondu avec aplomb : "il vaut mieux Léotard que jamais", calembour que je t'avais offert quelques jours avant la remise de ce Prix…

Je n'oublierai pas de sitôt nos déambulations dans les rues de Nice, après des agapes dans les tavernes de la nuit, l'aurore était au bout de notre chemin. J'ai encore en mémoire cette citation : "Inventer, pour moi, c’est aller au devant de mes œuvres ; mes œuvres existaient avant moi, mais on ne les voyait pas parce qu'elles crevaient les yeux". Merci à toi le "ravisseur d’affiches". Comme les poètes du Moyen-Âge, les grands rhétoriqueurs, tu prends tout au pied de la lettre pour retomber sur les tiens.

Quelques jours avant ton départ vers d’autres contrées, j'ai pris contact avec toi à ton domicile parisien, et d’une voix fluette tu m'as dit au bout d’un bon quart d'heure de téléphone : "J'arrive dans 48 heures, préviens Gilbert". Nous t'attendons encore…


Frédéric Altmann